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6 février 1879 - Journal officiel du 7 février 1879

Journaux officiels aimablement prêtés par la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris

Numérisation et relecture des OCR réalisées par la Bibliothèque Cujas

les crises : 1877-1879, la crise du 16 mai et la Constitution Grévy

[819]

MESSAGE

DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

M. le président. La parole est à M. le président du conseil. (Mouvement d’attention.)

M. Waddington, ministre des affaires étrangères, président du conseil. Messieurs les sénateurs, je vais avoir l’honneur de lire au Sénat le Message de M. le Président de la République :

« Messieurs les sénateurs, « L’Assemblée nationale, en m’élevant à la présidence de la République, m’a imposé de grands devoirs. Je m’appliquerai sans relâche à les accomplir, heureux si je puis, avec le concours sympathique du Sénat et de la Chambre des députés, ne pas rester au-dessous de ce que la France est en droit d’attendre de mes efforts et de mon dévouement. (Très-bien ! à gauche.)

« Soumis avec sincérité à la grande loi du régime parlementaire, je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale, exprimée par ses organes constitutionnels. (Vive approbation sur les mêmes bancs.)

« Dans les projets de lois qu’il présentera au vote des Chambres et dans les questions soulevées par l’initiative parlementaire, le Gouvernement s’inspirera des besoins réels, des vœux certains du pays, d’un esprit de progrès et d’apaisement ; il se préoccupera surtout du maintien de la tranquillité, de la sécurité, de la confiance, le plus ardent des vœux de la France, le plus impérieux de ses besoins. (Très-bien ! à gauche et au centre.)

« Dans l’application des lois, qui donne à la politique générale son caractère et sa direction, il se pénétrera de la pensée qui les a dictées, il sera libéral, juste pour tous, protecteur de tous, les intérêts légitimes, défenseur résolu de ceux de l’État. (Nouvelle approbation.)

« Dans sa sollicitude pour les grandes institutions qui sont les colonnes de l’édifice social, il fera une large part à notre armée, dont l’honneur et les intérêts seront l’objet constant de ses plus chères préoccupations. (Très-bien ! très-bien !)

« Tout en tenant un juste compte des droits acquis et des services rendus, aujourd’hui que les deux grands pouvoirs sont animés du même esprit, qui est celui de la France, il veillera à ce que la République soit servie par des fonctionnaires qui ne soient ni ses ennemis, ni ses détracteurs. (Applaudissements à gauche)

« Il continuera à entretenir et développer les bons rapports qui existent entre la France et les puissances étrangères, et à contribuer ainsi à l’affermissement de la paix générale. (Très bien !)

« C’est par cette politique libérale et vraiment conservatrice, que les grands pouvoirs de la République toujours unis, toujours animés du même esprit, marchant toujours avec sagesse, feront porter ses fruits naturels au Gouvernement que la France, instruite par ses malheurs, s’est donné comme le seul qui puisse assurer son repos, et travailler utilement au développement de sa prospérité, de sa force et de sa grandeur. (Applaudissements prolongés à gauche et au centre.)

« Le Président de la République française,

« Signé : JULES GRÉVY.

« Par le Président de la République : «  Le président du conseil, ministre des affaires étrangères, « Signé : WADDINGTON. « Versailles, le 6 février 1879. »

M. le président. Le Sénat donne acte à M. le président du conseil de la communication qu’il vient de faire. Le message sera inséré au procès-verbal de la séance et déposé aux archives.

[826]

M. de Marcère, ministre de l’intérieur. J’ai l’honneur de donner lecture à la Chambre des députés du Message que M. le Président de la République adresse au Parlement :

« Messieurs les députés,

« L’Assemblée nationale, en m’élevant à la présidence de la République, m’a imposé de grands devoirs. Je m’appliquerai sans relâche à les accomplir, heureux si je puis, avec le concours sympathique du Sénat et de la Chambre des députés, ne pas rester au-dessous de ce que la France est en droit d’attendre de mes efforts et de mon dévouement. » (Très-bien ! très-bien !)

« Soumis avec sincérité à la grande loi du régime parlementaire... » (Très-bien ! très-bien ! à gauche et au centre), « je n’entrerai jamais en lutte contre la volonté nationale... » (Bravos et applaudissements prolongés à gauche et au centre) « contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels. » (Nouveaux applaudissements.)

« Dans les projets de lois qu’il présentera au vote des Chambres et dans les questions soulevées par l’initiative parlementaire, le Gouvernement s’inspirera des besoins réels, des vœux certains du pays, d’un esprit de progrès et d’apaisement ; il se préoccupera surtout du maintien de la tranquillité, de la sécurité, de la confiance, le plus ardent des vœux de la France, le plus impérieux de ses besoins. » (Très-bien ! très-bien ! à gauche et au centre.)

« Dans l’application des lois, qui donne à la politique générale son caractère et sa direction, il se pénétrera de la pensée qui les a dictées ; il sera libéral, juste pour tous, protecteur de tous les intérêts légitimes, défenseur résolu de ceux de l’État. » (Applaudissements.)

« Dans sa sollicitude pour les grandes institutions qui sont les colonnes de l’édifice social, il fera une large part à notre armée, dont l’honneur et les intérêts seront l’objet constant de ses plus chères préoccupations. » (Nouveaux applaudissements.)

« Tout en tenant un juste compte des droits acquis et des services rendus, aujourd’hui que les deux grands pouvoirs sont animés du même esprit, qui est celui de la France, il veillera à ce que la République soit servie par des fonctionnaires qui ne soient ni ses ennemis, ni ses détracteurs. » (Vifs applaudissements à gauche et au centre.)

« Il continuera à entretenir et à développer les bons rapports qui existent entre la France et les puissances étrangères, et à contribuer ainsi à l’affermissement de la paix générale. » (Très-bien ! très-bien !)

« C’est par cette politique libérale et vraiment conservatrice que les grands pouvoirs de la République, toujours unis, toujours animés du même esprit, marchant toujours avec sagesse, feront porter ses fruits naturels au gouvernement que la France, instruite par ses malheurs, s’est donné comme le seul qui puisse assurer son repos et travailler utilement au développement de sa prospérité, de sa force et de sa grandeur. » (Applaudissements prolongés.)

«  Le président de la République, « Signé  : JULES GRÉVY.

« Par le Président de la République :

« Le président du conseil, ministre des affaires étrangères,

«  Signé  : WADDINGTON.

« Versailles, le 6 février 1879. »

M. le président. La Chambre donne acte à M. le ministre de l’intérieur du Message de M. le Président de la République, qu’il vient de lui communiquer. Elle en ordonne l’insertion au procès-verbal et le dépôt dans ses archives.

Pour citer cet article :

http://droitpolitique.com/spip.php?article86

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