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Réponse du Duc d’Orléans et réception du Duc à l’Hôtel de Ville, 31 juillet 1830 - Archives parlementaires, t. LXI.

Mavida M.J., Laurent M.L. (dir.), Archives parlementaires de 1787 à 1860, Recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, Deuxième série (1800 à 1860), t. LXI, 1886.

Numérisation et relecture des OCR réalisées par la Bibliothèque Cujas

les crises : 1830, de la crise ministérielle à la révolution

[p.647]

Réponse du duc d’Orléans à M. Viennet qui lui avait adressé la parole au nom des députés :

« Je déplore, comme Français, le mal fait au pays et le sang qui a été versé ; comme prince, je suis heureux de contribuer au bonheur de la nation. Messieurs, nous allons aller à l’Hôtel de Ville. »

* * *

RÉCEPTION DU DUC D’ORLÉANS A L’HÔTEL DE VILLE.

Le duc d’Orléans, lieutenant général du royaume de France, s’est rendu, accompagné des députés, à l’Hôtel de Ville, entouré de citoyens et de gardes nationaux pour tout cortège. C’était un spectacle tout nouveau et digne d’admiration de voir une population immense pressée sur les quais depuis le Carrousel jusqu’à la place de Grève qui semblait un vaste amphithéâtre. Point de gendarmes, pas d’état-major, de simples citoyens [p.648] formant la haie, et cependant l’ordre le plus parfait.

Le général Lafayette, entouré de la commission municipale et de ces élèves de l’École polytechnique, qui, si jeunes encore, ont acquis une gloire si belle et si pure, s’est avancé au-devant du prince ; leur connaissance remontait à l’aurore de notre glorieuse Révolution, pour laquelle ils avaient ensemble combattu ; ils s’embrassèrent avec cordialité et furent, à l’instant, entourés et presque étouffés des officiers de toutes armes qui encombraient les salles de l’Hôtel de Ville.

Arrivés dans la grande salle d’armes, un cercle s’est formé, et l’un des députés, M. Viennet, a prononcé une adresse pleine de franchise. Le prince a répondu avec simplicité ; il a rappelé toutes les garanties qui devaient être accordées au pays, et à cette énumération on voyait la vénérable figure de Lafayette s’épanouir, sa main s’approcher de celle du prince et la serrer avec attendrissement ; on ne saurait se faire une idée de l’enthousiasme de la population lorsque le prince, s’avançant à la fenêtre de l’Hôtel de Ville, a agité ce drapeau tricolore, symbole de notre gloire et de notre liberté. Aussi, à la sortie du prince, l’explosion de la joie de la population a été générale. Nous reproduirons demain, et le texte des discours qui doivent retentir dans toute la France, et les détails touchants qui ont caractérisé cette scène nationale. Elle ouvre bien la nouvelle ère de bonheur, de liberté qui va commencer pour notre France.

(Extrait du Moniteur.)

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