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Proclamation du roi du 13 juin 1830 - Archives parlementaires, t. LXI.

Mavida M.J., Laurent M.L. (dir.), Archives parlementaires de 1787 à 1860, Recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, Deuxième série (1800 à 1860), t. LXI, 1886.

Source : Gallica, identifiant ark :/12148/bpt6k480114w, disp. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480114w.r=.langFR.

les crises : 1830, de la crise ministérielle à la révolution

[p.623]

Du 13 juin 1830

PROCLAMATION DU ROI.

CHARLES, PAR LA GRÂCE DE DIEU, ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE,

A tous ceux qui ces présentes verront, salut,

FRANÇAIS !

La dernière Chambre des députés a méconnu mes intentions. J’avais droit de compter sur son concours pour faire le bien que je méditais elle me l’a refusé ! Comme père de mon peuple, mon cœur s’en est affligé ; comme roi, j’en ai été offensé : j’ai prononce la dissolution de cette Chambre.

Français ! votre prospérité fait ma gloire ; votre bonheur est le mien. Au moment ou les collèges électoraux vont s’ouvrir sur tous les points de mon royaume, vous écouterez la voix de votre roi.

Maintenir la Charte constitutionnelle et les institutions qu’elle a fondées a été et sera toujours le but de mes efforts.

Mais pour atteindre ce but, je dois exercer librement et faire respecter les droits sacrés qui sont l’apanage de ma couronne.

C’est en eux qu’est la garantie du repos public et de vos libertés. La nature du gouvernement serait altérée, si de coupables atteintes affaiblissaient mes prérogatives et je trahirais mes serments, si je le souffrais.

A l’abri de ce gouvernement, la France est devenue florissante et libre. Elle lui doit ses franchises, son crédit et son industrie. La France n’a rien à envier aux autres États, et ne peut aspirer qu’à la conservation des avantages dont elle jouit.

Rassurez-vous donc sur vos droits. Je les confonds avec les miens, et les protégerai avec une égale sollicitude.

Ne vous laissez pas égarer par le langage insidieux des ennemis de votre repos. Repoussez d’indignes soupçons et de fausses craintes, qui ébranleraient la confiance publique et pourraient exciter de graves désordres. Les desseins de ceux qui propagent ces craintes échoueront, quels qu’ils soient, devant mon immuable résolution. Votre sécurité, vos intérêts ne seront pas plus compromis que vos libertés : je veille sur les uns comme sur les autres.

Électeurs, hâtez-vous de tous rendre dans vos collèges. Qu’une négligence répréhensible ne le prive pas de votre présence ! Qu’un même sentiment vous anime, qu’un même drapeau vous rallie !

C’est votre roi qui vous le demande ; c’est un père qui vous appelle.

Remplissez vos devoirs ; je saurai remplir les miens.

Donné en notre château des Tuileries, le 13e jour du mois de juin de l’an de grâce 1830, et de notre règne le sixième.

Signé : CHARLES.

Par le roi,

Le président du conseil des ministres,

Signé : Prince de Polignac.

Pour citer cet article :

http://droitpolitique.com/spip.php?article199

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